Les sénateurs français ont approuvé mardi une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure sans précédent en Europe qui pourrait entrer en vigueur à la prochaine rentrée scolaire sous réserve de son adoption définitive.
La proposition de loi, poussée par Emmanuel Macron, a été votée par 243 voix pour et deux voix contre à la chambre haute.
Pour être définitivement adopté, le texte issu d'une commission mixte paritaire (sept sénateurs-sept députés) doit être approuvé par l'Assemblée nationale, qui se prononce ultérieurement ce mardi.
Pour les adolescents qui disposeraient déjà d'un ou plusieurs comptes, l'interdiction des réseaux sociaux s'appliquera au terme d'un délai de quatre mois, soit le 1er janvier 2027.
La création de nouveaux comptes sera interdite dès le 1er septembre. Quelques exceptions sont prévues, comme les contenus éducatifs ou les encyclopédies en ligne.
Les plateformes seront tenues d'instituer un dispositif de vérification d'âge, selon des outils à déterminer. Pour le cas particulier de YouTube et WhatsApp, la consultation de vidéos ou la messagerie ne seront pas concernées par la loi. Ce sont les fonctions de commentaires, partage, qui sont visées.
Le texte prévoit également l'interdiction du téléphone portable dans les lycées à compter du 1er septembre, avec des dérogations possibles prévues par les règlements intérieurs des établissements.
En France, un adolescent sur deux passe entre deux et cinq heures par jour sur un smartphone, souvent pour s’y connecter aux réseaux sociaux numériques, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).
Selon le baromètre du numérique CREDOC 2025, 58% des 12-17 ans déclarent consulter quotidiennement les réseaux sociaux. La plupart y publient leurs propres contenus ou partagent et commentent ceux des autres.
L'Anses a rendu publiques en février les conclusions d'une expertise scientifique confirmant que les adolescents sont "particulièrement vulnérables aux effets délétères des réseaux sociaux" car ils disposent de "moins de capacités de régulation émotionnelle et comportementale que les adultes".
Les effets observés sur les adolescents, singulièrement les filles, vont de l'altération du sommeil à la dévalorisation de soi, en passant par les comportements à risques et les répercussions du cyberharcèlement sur la santé mentale.
(Bureau de Paris)

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